Le bio, des promesses en l’air ?

Le bio, la nouvelle tendance des bobos-écolos des pays riches dans laquelle « les mangeurs modernes » désirent manger moins mais surtout mieux, ne pourrait être qu’une illusion. En effet, afin de répondre à une demande de plus en plus grande et casser des prix parfois excessifs, la grande distribution s’est installée dans ce marché fructueux rendant ces produits parfois plus toxiques et moins écolos que des produits conventionnels.

               Avec 10 milliards de chiffre d’affaires annuel et 8.5% des agriculteurs convertis au bio, la France se situe en 3ème position des pays européens consommateurs de bio, juste après l’Italie elle-même devancée par l’Espagne. C’est ainsi que la grande distribution s’est accaparée près de la moitié de ce marché et ce pour offrir plus et surtout moins cher. Car oui, le bio coûte cher mais cela est surtout dû aux surcoûts exorbitants, voire scandaleux, pouvant aller de 75% à 165% pour les produits les plus consommés. Et à cause de cela, bio ne rime plus avec écolo. N’en déplaise à certain mais déguster une salade healthy bourrée d’avocats, même bio, n’a rien d’écolo. Car ces avocats, majoritairement produits en Amérique du Sud, doivent parcourir le monde pour finir dans ces salades. Nestlé a aussi opté pour la délocalisation de la production de ces fameuses « Purée Mousline » bio. L’entreprise soutient que l’offre locale n’est pas suffisante mais le prix que Nestlé propose au kilo de pomme de terre l’est-il ? De plus, consommer bio ne signifie pas consommer des produits de meilleur goût. En effet, selon Marc Filser, directeur du Centre de Recherche en Marketing, le packaging vert et le sigle « près de chez vous » est une technique visant à faire croire aux consommateurs que ces produits sont meilleurs alors que la réalité est tout autre.

               Ces produits peuvent même être plus nocifs que des produits non bio. C’est notamment le cas du lait et des œufs bio qui sont plus chargés en dioxine et PCB que ceux conventionnels. Or ce sont des produits cancérigènes et perturbateurs endocriniens pour l’homme qu’il faudrait éliminer de notre consommation. Cependant, si ces produits sont plus toxiques, cela part d’une bonne intention car c’est parce que les animaux servant au bio sont plus à l’extérieur que les autres. Donc pour le bien être animal c’est une bonne chose. Cependant il n’y a aucun contrôle de ces polluants sur les terrains utilisés pour l’élevage. Ces derniers peuvent donc être très pollués s’ils se trouvent à proximité d’installations polluantes contaminant ainsi la nourriture des animaux. On trouve aussi du nitrate de sodium pour la coloration rosée de la charcuterie bio ainsi que du plastique dans l’huile d’olive. Enfin certains produits transformés ne nécessitent pas d’être entièrement bio pour être vendus comme étant du bio et sont même composés majoritairement de produits ne l’étant pas. C’est le cas des sardines à l’huile où seul l’assaisonnement et non les sardines en elles-mêmes doit être bio (les sardines quant à elle doivent être issu de le pêche durable).

               Enfin le bio a ses limites. Vouloir se nourrir uniquement de bio est une utopie car d’une part cela coûterait trop cher mais aussi la production d’une telle quantité d’aliments bio est impossible. En effet, pour produire un hectare de bio il faut 8 hectares de terrain et le rendement est en moyenne 25 à 50% moindre que pour l’agriculture conventionnelle. Si l’on souhaite nourrir la planète entière exclusivement d’AB, il faudrait que tout le monde se mette à cultiver ses propres champs, ce qui est irréaliste. De plus, consommer des fruits et légumes hors saison même bio est aussi une aberration du fait de son impact carbone négatif.

               Bon bien-sûr le bio est globalement bénéfique à la fois pour votre santé et pour la planète (mais pas pour votre portefeuille) mais il ne pourra pas répondre à toutes vos envies.  Alors faut-il se tourner plus vers le bio ou ne faut-il pas plutôt mieux réguler l’agriculture conventionnelle sans pour autant partir dans l’excès afin qu’un plus grand nombre mange mieux et pour un prix abordable ?

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